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II. La sémantique



НазваниеII. La sémantique
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II. La sémantique


II. 1. Le SIGNE LEXICAL, LA COMBINATOIRE SEMANTIQUE

Le premier à définir la sémantique comme science des significations fut M. Bréal. (9) Le mot sémantique est créé de l’adjectif grec semantikos dont le sens est « qui signifie, qui indique ». De nos jours la définition de la sémantique est discutable parmi les linguistes. J. Lyons donne une définition trop large de la sémantique: « l’étude du sens », car le sens peut être étudié non seulement par le linguiste, mais par un philosophe ou un psychologue aussi. (16) P. Lerat montre que pour le linguiste, la sémantique est l’étude du sens des unités linguistiques, c’est-à-dire des syntagmes et des phrases à côté des mots. P. Guiraud en donne une définition plus restreinte: « ...la sémantique se limite à l’étude des sens des mots ». (16) On ne traitera, donc, ici que la sémantique linguistique, c’est-à-dire la sémantique des unités lexicales.

Si la sémantique est la science des significations linguistiques, il en ressort que son objet d’étude est le signe lexical, qui dans le modèle de Ferdinand de Saussure (24), se caractérise par l’union indissoluble du signifiant et du signifié. (16) Le signifiant, forme matérielle et concrète des mots, est double: phonique, le signifiant est un son articulé; graphique, le signifiant est la retranscription des lettres typographiques. Le signifié désigne le contenu, l’idée présentés par le signifiant. L’association du signifiant et du signifié renvoie à une réalité qui peut varier suivant les personnes, les circonstances et qui est nommé le référent. (13) Toutes les relations entre le signifiant, le signifié et le référent sont tracées sous forme d’un triangle dit sémantique. (24)

signifiant




signifié référent

Une relation s’établit entre le signe et son référent, pour désigner ou identifier un objet dans l’univers non linguistique.(2) Signifiant, signifié et référent exercent une influence les uns sur les autres. (13) Il est évident que la création d’un nouveau référent entraîne la création d’un nouveau signifiant: quand on disait d’aborder la lune on a créé le mot alunir.

Le signifié se décompose en une série d’unités de sens minimal nommées sèmes. Le sème est l’unité minimale de signification isolable dans un terme: hirondelle – oiseau (sème 1), migrateur (sème 2), queue fourchue (sème 3), construit les nids sous les toits (sème 4), etc.
En sémantique l'unité lexicale est considérée comme un sémème, c'est-à-dire un ensemble de traits sémantiques:

^ Sémème = sème1 + sème2 + sèmen

On représente généralement l'analyse sémique des sémèmes d'un même champs lexical sous forme de matrice (internet):

SÈME

SÉMÈME

pour s’asseoir S1

pour une personne S2

avec dossier S3

avec bras S4

chaise

+

+

+



fauteuil

+

+

+

+

tabouret

+

+





canapé

+



+

ø



L’analyse des sèmes nous montre que les uns peuvent être attribués à plusieurs mots, c’est le cas des sèmes génériques; les autres ne se rapportent qu’au mot concret, ce sont les sèmes spécifiques: le sème oiseau est générique; le sème queue fourchue est spécifique.

Le signifié comprend deux aspects: dénotatif et connotatif. Le sens dénotatif correspond au sens objectif relativement stable qui est présenté dans les dictionnaires en premier rang. Le sens connotatif représente les valeurs sémantiques secondes, qui viennent s’ajouter au sens dénotatif. Il s’agit d’une touche affective, culturelle ou idéologique qui colore le sens d’une unité lexicale (2):

chien – dénotation: mammifère domestique, sélectionné ou non, de plusieurs races;

– connotation: fidélité, patience, méchanceté.

La connotation fait le langage plus expressif, elle est liée à l’expérience personnelle, au contexte, au milieu social et même à une époque. Par exemple, on préfère aujourd’hui le mot gardien /gardienne au mot consièrge qui a reçu le sème connotatif curiosité. La connotation est variable selon les pays: au Japon le corbeau est le symbole de l’amour familial.

F. de Saussure a insisté sur la conventionnalité de l’union entre la suite des sons et le signifié qui lui est associé: [arbr] – arbre (12). La même notion a de différentes significations dans les langues diverses: arbre, копак, дерево, tree. Mais une fois un signifiant est associé à un signifié et forme le signe lexical, la linguistique l’envisage comme tel.(16)

Si le triangle sémantique désigne un signe linguistique ayant un signifiant et un signifié, se rapportant à un référent, il s’agit, alors, de la monosémie: le porte-clés, le poney, le porto, etc. La monosémie peut être définie comme un rapport univoque existant entre un signifiant et un signifié. (12). Mais nombreux sont les signes linguistiques ayant un signifiant qui sert à désigner plusieurs signifiés. C’est le cas des mots polysémiques. C’est un trait constitutif de toute langue nationale, qui répond à un principe d’économie linguistique. (2) Tout mot polysémique a un sens bien déterminé dans le contexte, donc, l’emploi concret le rend monosémique.

EXERCICES


^ 1. Déterminez le signifiant des signifiés présentés.

– Ensemble de tout ce qui existe / Société / Grand continent / Gens

– Machine de transpot aérien, munie par un moteur à hélice ou à réaction.

– Machine de transport représentée par la suite de wagons traînés par une locomotive.

– Machine de transport de mer.

– Suite de sons modulés émis par la voix, mélodie.

– Personne qui voyage pour son agrément.

– Ensemble des sentiments, de l’intelligence, de la volonté.


^ 2. Donnez le signifié pour les signifiants présentés.

Professeur, institutrice, costume, tenue, livre, manuel, pluie, neige.


3. Les verbes suivants ont des sens proches avec le verbe voir. En vous servant du dictionnaire, donnez leurs sèmes spécifiques et génériques: contempler, découvrir, distinguer, entrevoir, épier, observer, repérer, revoir, surprendre.


^ 4. Les substantifs ci-dessous désignent le sentiment de la peur plus ou moins prononcé. Expliquez les nuances de sens et remplissez la grille: affolement, appréhension, crainte, épouvante, frayeur, panique, peur, terreur, trac.

Faible moyen fort


5. Voici une liste de mots désignant des objets très proches et pourtant différents. Quel est leur point commun ? Quelle est leur spécificité ?

a) Un parapet, une rampe, une rambarde, une glissière, un garde-fou, une barrière, un garde-corps, une main-courante;

b) La voie, la chaussée, la rue, la route, le sentier, l'allée, le chemin, l'avenue, le boulevard, le cours, l'autoroute, la voie express, la bretelle.


^ 6. Trouvez le terme générique et faites l'analyse sémique des mots suivants:

a) citrons, clémentines, oranges, pamplemousses, cédrats, kumquats.

b) bottes, boots, pantoufles, escarpins, espadrilles, mules, sandales, baskets.

c) une conférence, un exposé, une harangue, une déclaration, un sermon, un éloge, un plaidoyer, un réquisitoire.

^ 7. Voici une liste de verbes: bondir, chevaucher, courir, galoper, marcher, nager, ramper, rouler, sauter, trotter, trottiner, voler. Définissez-les, les uns par rapport aux autres, en donnant les sèmes génériques et les sèmes spécifiques.

8. Montrez la différence des mots: journal, gazette, feuille, quotidien, canard.

9. Montrez la différence entre les termes: langue, langage, idiome; traduction, version, thème; traducteur, interprète, truchement.

^ 10. Montrez, avec des exemples, la différence des adjectifs: malade, souffrant, indisposé; plein, complet, bondé, comble, rempli.

11. Nommez les sèmes génériques, spécifiques, dénotatifs et connotatifs des mots suivants: le professeur, courageux, la rose, la pluie, le pain, l’université.

^ 12. Classez les mots et les expressions suivants selon qu’ils représentent une connotation positive ou négative: coquet, joli, passé de mode, soigné, décoloré, moche, recherché, très style, déformé, mode, sale, usé, démodé, négligé, seyant, vieux, habillé, neuf, sympa.

13. À l’intérieur de chaque série trouvez l’hyperonyme. Nommez les sèmes génériques et spécifiques des mots de la série.

  1. Agrume, citron, clémentine, mandarine, orange, pamplemousse.

  2. Assiette, plat, plateau, soucoupe, vaisselle.

  3. Moto, Mobylette, bicyclette, vélomoteur, cyclomoteur, scooter.

  4. Bassin, étang, flaque, fleuve, lac, mare, mer, océan, rivière, ru, ruisseau.



^ 31. Trouvez le sens des expressions suivantes et utilisez-les dans une phrase.

*Un coup de gueule *Un coup d’État

*Un coup d’œil *Un coup de peigne

*Un coup de crayon *Un coup médiatique

*Un coup d’épée dans l’eau *Un coup de vent

*Un coup d’éponge *Le coup d’envoi

*Un coup de main *Le coup de la panne

*Un coup monté *Le coup du lapin

*Faire les 400 coups *Un coup de maître

*Un sale coup *Un coup d’essai

*Un coup de fil *Un coup de théâtre

*Un coup de sang

*Un coup de soleil

*Un coup de froid

*Un bon coup de fourchette.

^ 33. Remplacez faire par un verbe plus adapté au contexte:

  1. J'ai dû faire deux kilomètres pour trouver un restaurant ouvert.

  2. Si tu persistes à vouloir changer de travail, tu fais une grosse erreur.

  3. La pyramide en verre que l'architecte Pei a faite devant le Louvre séduit la plupart des visiteurs.

  4. Tu ne peux pas faire cette lettre tout seul.

  5. Il part aux États-Unis pour faire les grands parts naturels.

  6. Cette usine fait des meubles de cuisine.

  7. Mozart a fait cette symphonie à son retour de Paris.

  8. Ce paysan fait principalement du blé et du maïs.

  9. Désolé, Madame, nous ne faisons pas cet article.

  10. Dix hectomètres font mille mètres ou un kilomètre.

  11. Il fait de l'histoire et de la géographie.

  12. Elle a fait tout le travail qu'on lui avait confié en un temps record.



^ 34. Les verbes proposés signifient tous rendre neuf mais chacun de ces verbes a des compléments privilégiés: rajeunir, renouveler, réparer, réhabiliter, rénover, restaurer. Choisissez parmi les mots proposés le complément qui convient:

un magasin, une cathédrale, un immeuble du XVIIIe siècle, une HLM des années soixante, une salle de bains, une garde-robe, un vêtement démodé, une voiture, un collège qui n'est plus aux normes, une lampe cassée.

^ 35. Associez les synonymes de construire avec leur complément privilégié que vous choisirez parmi les termes suivants: une statue, un monument, une maison, un immeuble, une cathédrale, un autobus, une rifle, une colonne.

Bâtir, élever, fonder, construire, ériger, édifier, fabriquer

^ 39. Dites quelles sont les propriétés de l’eau dans les locutions suivantes, spécifiez les sèmes qui les distinguent:

1. Mettre de l’eau dans son vin. 2.Être comme l’eau et le feu. 3. Suer sang et eau. 4. Jeûner au pain et à l’eau. 5. Clair comme l’eau de roche. 6. D’ici que cela arrive, il passera de l’eau sous le pont. 7. Ce projet est tombé à l’eau / est revenu sur l’eau. 8. Il faut se jeter à l’eau. 9. C’est une goutte d’eau dans la mer. 10. Se ressembler comme deux gouttes d’eau. 11. Porter l’eau à la rivière. 12. Vous amenez de l’eau à mon moulin. 13. Être heureux comme un poisson dans l’eau. 14. Pêcher/nager en eau trouble. 15. Il n’est pire eau que l’eau qui dort. 16. Une tempête dans un verre d’eau. 17. Rester le bec dans l’eau. 18. Donner un coup d’épée dans l’eau. 19. Un marin d’eau douce. 20. Ne pas gagner de l’eau à boire. 21. Vivre d’amour et d’eau fraîche.


II. 2. L’évolution sémantique des mots


L’évolution sémantique des mots est une source interne de l’enrichissement du vocabulaire très féconde. Tous les mots ont un premier sens ou sens étymologique, mais ils évoluent et ont tendance, au fil des siècles, à s’éloigner de leurs significations primitives. (7) Étudier le sens d’un mot, c’est étudier ses modifications de sens en diachronie, ce qui permet de répertoirer les différentes significations par lesquelles un mot a passé depuis sa création.

En consultant le dictionnaire pour connaître les différentes acceptions d’un mot, on découvre certaines propriétés de ses significations; on distingue le sens propre et le sens figuré.(28) ^ Le sens propre est le sens premier du mot, le plus proche de son origine. Souvent le sens propre correspond au sens étymologique qui explique l’origine du mot.(18) Le sens figuré peut ajouter au sens propre une dimension imagée qui aide à la représentation mentale.(28) Mais parfois le sens étymologique est oublié et alors on distingue: le sens étymologique, le sens propre et le sens figuré.( 18) Soit le mot tortue:

  • au sens étymologique, il signifie du Tartare, infernal, du latin tartarus.

  • au sens propre, il désigne un réptile à quatre pattes courtes.

  • au sens figuré, il désigne une personne très lente.

Un mot a généralement plusieurs sens figurés. Il n’est pas toujours facile de dire quel est le sens propre ou le sens premier d’un mot polysémique. Le passage du sens propre aux sens figurés se soumet à une logique fondé sur l’analogie (métaphore) ou sur la proximité (métonymie) entre le sens propre et le sens figuré créé.(18)

Le mot métaphore vient du grec meta qui signifie «changement» et pherein «porter», c’est-à-dire «déplacement de sens». La métaphore assimile un terme à un autre, à la suite d’une comparaison implicite.(3) À la différence de la comparaison, dans la métaphore le mot comparatif est absent: il a la ruse du renard. Selon la présence ou l’absence du comparé on distingue (18):

  • la métaphore annoncée qui met en présence un comparé et un comparant: elle a une taille(comparé) de guêpe(comparant).

  • la métaphore directe qui se reduit à un comparant, sans faire apparaître le comparé ou le terme comparatif: un monument de bêtise, le fléau de la société.

  • la métaphore filée qui consiste à développer une succession, un enchaînement de métaphores autour d’un thème (1):

^ Un bel arbre

Ses branches sont des ruisseaux

Sous les feuilles

Ils boivent aux sources du soleil

Leurs poissons chantent comme des perles.

La métonymie consiste à désigner un être ou une chose par un nom qui est lié au premier par un rapport logique (18), par un lien de contiguïté (3): une belle main (une belle écriture), boire un verre (verre d’eau), etc. La métaphore et la métonymie sont l’objet d’étude de la lexicologie et de la stylistique à la fois, mais la lexicologie s’intéresse aux figures lexicalisées qui sont inscrites dans le vocabulaire à tous les locuteurs français et ne sont plus ressentis comme des images (3): le blanc manteau de la neige.

Les causes de l’évolution sémantique des mots sont multiples et variées. Elles sont conditionnées par l’évolution des notions et par les besoins de communication des gens entre eux.(14) A. Deroy discerne les causes extra- et intra-linguistiques. (25) Les modifications dues au développement de la vie sociale, économique et culturelle, au progrès de la science humaine sont rapportées aux causes extra – linguistiques, tandis que les causes intra-linguistiques ont un caractère purement langagier. Comme exemple de modifications de sens dues au progrès de la conscience humaine on peut citer une quantité de mots concrets ayant reçu un sens abstrait: aborder un navire – aborder un sujet.

La plupart des mots gardent dans l’usage moderne leur sens étymologique: feuille, ouverture, viaduc. La sémantique fonctionnelle présente un nombre d’exemples restreint qui a modifié son sens au fil des siècles. Les procédés de modification sémantique sont multiples et importants à être étudiés (7):

1. ^ Le changement sémantique est le procédé qui amène à une modification totale ou partielle du contenu sémantique d’un mot. Le sens nouvellement reçu élimine la signification originaire. Ainsi le verbe étonner signifiait autrefois ébranler comme par un coup de tonnerre. Plus tard ce verbe prit le sens de surprendre, frapper l’imagination. Le nom ramage avait le sens qui a beaucoup de branches. Cette signification est perdue aujourd’hui, par évolution, et a le sens chant des oiseaux.

2. Le développement sémantique est le procédé de réception par un mot d’une nouvelle acception qui se joigne à la précédente. ^ Errer signifiait autrefois aller ça et là à l’aventure. Au sens premier s’ajouta une signification supplémentaire se tromper. Tous les deux sens lui appartiennent dans le français contemporain. Le développement sémantique peut aboutir à l’apparition des homonymes dits sémantiques: grève (1) – cessation du travail par les ouvriers, grève (2) – plage sablonneuse.

3. ^ La restriction sémantique est le procédé à l’issue duquel un mot ayant à l’origine un sens général arrive à exprimer une notion plus particulière. On peut citer l’exemple de Ch. Touratier, le lexème femme, dont le sens premier est personne du sexe féminin et le sens restreint personne du sexe féminin qui est ou a été mariée.(touratier) Cette restriction consiste en l’apparition d’un sème spécifique. Dans les expressions la femme de qqn, prendre femme, le lexème femme présente sa signification restreinte d’épouse.

4. L’extension sémantique est une autre relation entre les différents sens d’un même lexème. Le mot arrive à présenter un sens plus large que le sens premier ou étymologique. Le lexème arriver était à l’origine un terme maritime signifiant toucher à la rive. Par la suite l’emploi de ce lexème fut étendu à tout mouvement atteignant son but. Ainsi le mot s’applique-t-il à plus d’objets qu’auparavant. De même, panier – corbeille pour le pain; dame – femme de haute naissance, etc.

5. L’affaiblissement de sens est le procédé à l’issue duquel un mot ayant à l’origine une valeur très expressive, la perd, au fil des siècles, et finit par recevoir un sens neutre. Le verbe gêner avait au XVIIe siècle le sens de torturer. L’adjectif blanc signifiait étymologiquement brillant. On retrouve son sens primitif dans l’expression les armes blanches c’est-à-dire brillantes.

6. Le renforcement sémantique est le procédé à la suite duquel un mot ayant un sens neutre à l’origine adopte un sens plus fort, plus expressif. Le lexème maîtresse avait le sens neutre de femme que l’on veut épouser; fiancée. De nos jours ce mot a fini par recevoir le sens de concubine, femme n’étant pas épouse.

7. L’amélioration de sens est un procédé quand un mot ayant à l’origine un sens défavorable reçoit un sens favorable et passe d’une couche de la langue à une autre. Le verbe réussir signifiait à l’origine aboutir, le résultat pouvant être heureux ou malheureux. Aujourd’hui ce verbe exclut complétement l’idée d’échec.

8. ^ La péjoration de sens s’effectue par le procédé à la suite duquel un mot ayant à l’origine un sens neutre reçoit un sens dépréciatif, défavorable. Ce phénomène est d’origine sociale. Les substantifs vilain, rustre de l’origine un paysan, un villageois ont subi une dégradation et ont reçu un sens défavorable.

QUESTIONNAIRE

1. Quelles sont les causes de l’évolution de sens des mots ? 2. Quelle est la différence entre le changement sémantique et le développement de sens ? 3. Quelle est la différence entre la restriction et l’affaiblissement sémantique ? entre l’extention et le renforcement de sens ? entre l’amélioration et la péjoration ? 4. Par quels procédés se fait le passage du sens propre aux sens figurés ?

EXERCICES

^ 2. Donnez tous les sens possibles de ces phrases en les complétant; le contexte devra expliciter chaque sens des mots soulignés:

1. Le nouveau bureau me plaît. 2. C’est un drôle de bleu. 3. Ce complément convient parfaitement. 4. C’est un beau papier. 5. Il faudrait soutenir sa tête.

^ 3. Précisez le sens des adjectifs:

Un homme brave – un brave homme

Une note fausse – une fausse note

Des vers méchants – de méchants vers

Un homme pauvre – un pauvre homme

Un objet sacré – un sacré menteur

Un homme grand – un grand homme

4. Dites par quel procédé a évolué le sens des noms des parties du corps dans les groupements de mots qui suivent. Trouvez-en des équivalents russes (moldaves, anglais): les bras d’un fauteuil, le bras d’un fleuve; le pied d’une table, le pied d’une montagne; les dents d’un peigne, les dents d’une scie; le dos d’une main, le dos d’un fauteuil; la bouche d’un fleuve, la bouche d’un canon.

^ 5. Relevez les noms polysémiques et dites s’ils sont employés dans leur sens primitif ou dans un sens dérivé:

Une enfance sévère, à laquelle manqua la douceur familiale ... Dès le commencement, la vie se révéla à lui comme un combat triste et brutal. Son père voulut exploiter ses dispositions musicales et l’exhiber comme un petit prodige. A quatre ans, il le clouait pendant des heures devant son clavecin, ou l’enfermait avec un violon, et le tuait de travail. Il fallut user de violence pour que Beethoven apprit la musique. Sa jeunesse fut attristée par les préoccupations matérielles. A onze ans, il faisait partie de l’orchestre du théâtre; à treize, il était organiste. A dix-sept ans, il était chef de famille, chargé de l’éducation de ses deux frères; il avait la honte de devoir solliciter la mise à la retraite de son père ivrogne, incapable de diriger la maison ... Ces tristesses laissèrent en lui une empreinte profonde (D’après R.Rolland).

^ 6. Spécifiez l’origine et le sens des noms communs tirés des noms propres:

1) Argus, cerbère, mégère, méduse, sirène, dracon, hercule, mécène, géant, titan; 2) gavroche, gobseck, harpagon, lovelace, renard, tartuffe, espiègle, crésus, céladon; 3) berline, landau, tilbury, victoria; 4) astracan, boston, cachemire, gabardine, mousseline, nankin, persienne; 5) bordeau, champagne, cognac; 6) mansarde, guillotine, silhouette; 7) franc, louis, napoléon.

^ 8. Relevez les noms propres devenus noms communs, précisez leur origine et expliquez comment s’est effectué ce passage.

1) Et maintenant Simon était le benjamin de cette coterie d’hommes puissants qui ne pouvait que l’aider à gravir l’échelle des honneurs parce qu’il était initié à leurs secrets, à leurs intrigues et à leurs vies. (Druon) 2) L’agent a déclaré qu’il le pouvait, et il a ajouté: « Mais la prochaine fois tu sauras qu’un agent n’est pas un guignol ». (Camus) 3) Séleste jetait de temps en temps des regards de mon côté et roulait un panama entre ses mains. (Camus) 4) Il portait un pantalon rayé, une veste d’intérieur en lainage bleu avec des brandebourgs noirs et de revers de satin noir. (Saint-Pierre) 5) Les silhouettes des meubles se découpaient vaguement en noir sur le gris. (Saint-Pierre) 6) Le salon du commandant rélévait sans équivoque une orgie discrète, mais de qualité. Il y flattait une odeur de havane, de bons apéritifs et de rhum flambé. (Saint-Pierre) 7) On t’y voyait, lançant des boutades de « gavroche », comme si le courage consistait à s’abaisser à des railleries de collégien, au cœur des pires dangers et à l’heure de la mort. (Saint-Exupéry) 8) Elle était vêtue d’une robe de cachemire bleu pâle qui dessinait bien sa taille souple et sa poitrine grasse. (Maupassant) 9) Il n’y a plus ici ni sable, ni renards. (Saint-Exupéry) 10) Depuis trois jours, une demi-orange et une moitié de madeleine. (Saint-Exupéry) 11) « Pourquoi pas le baiser de Juda ? » demanda Hooten, mielleux. (Lanoux) 12) Je demande ce que font les petites sirènes par un temps pareil. (Lanoux) 13) La vie était vraiment trop farce d’avoir fait échouer dans cette géhénne le premier héros de leur drôle guerre, dans quel état ! (Lanoux)

^ 9. À quelles villes correspondent les dénominations suivantes: la capitale des Gaules; la cité des Doges; La cité des Papes; la Ville rose; la cité phocéenne; la cité interdite; la Ville lumière; la Ville éternelle; la Venise du nord; la Ville sainte. Amsterdam, Avignon, Jérusalem, Lyon, Marseille, Paris, Pékin, Rome, Toulouse, Venise

^ 10. Même travail pour les pays: la Perfide Albion; l’Empire du Soleil Levant; le Nouveau Monde; l’île de Beauté; la grande Bleue; le Céleste Empire; la terre des dieux; la terre des Pharaons; le toit du monde. Amérique, Angleterre, La Chine, La Corse, L’Égypte, La Grèce, Le Tibet, Le Japon, la mer Méditerranée

^ 11. Répondez aux questions suivantes à l'aide du dictionnaire.

1. Louis de Béchamel était un financier et un gourmet très connu du XVIIe siècle. Mais qu'est-ce qu'une béchamel!

2. Louis Braille était un professeur et organiste français. Mais qu'est-ce que le braille!

3. John Browning était un inventeur américain. Mais qu'est-ce qu'un browning.

4. Lord James Cardigan était un général britannique. Mais qu'est-ce qu'un cardigan.

5. David Colt était un ingénieur américain. Mais qu'est-ce qu'un colt.

6. Rudolf Diesel était un ingénieur allemand. Mais qu'est-ce qu'un diesel?

7. Judas était un disciple de Jésus qui l'a livré aux Romains. Mais qu'est-ce qu'un judas ?

8. John Loudon McAdam était un ingénieur écossais. Mais qu'est-ce que le macadam ?

9. Guillaume Massiquot est l'inventeur d'une machine. Qu'est-ce qu'un massicot?

10. Samuel Morse est un Américain qui a inventé un système. Qu'est-ce que le morse?

11. Eugène René Poubelle était préfet de la Seine. Qu'est-ce qu'une poubelle?

12. Fitzroy James, Comte de Raglan, était un général anglais. Qu'est-ce qu' un raglan ?

13. John Montagu, Comte de Sandwich, était un amiral anglais. Qu'est-ce qu' un sandwich?

14. Etienne de Silhouette était le contrôleur général des finances extrêmement impopulaire. Qu'est-ce qu' une silhouette?

15. Alessandro, Comte Volta, était un physicien italien. Qu'est-ce qu' un volt!

^ 12. Expliquez comment a évolué le sens des mots qui suivent au pluriel. Précisez les distinctions du sens de ces mots.

La bonté et avoir des bontés pour qqn; la liberté et prendre des libertés avec qqn; l’étourderie et faire des étourderies; la manière et faire des manières; la vérité et dire des vérités à qqn; la charité et faire des charités; la malhonnêteté et commettre des malhonnêtetés; la sculpture et admirer des sculptures.


^ 13. La structure de l’arbre fournit de nombreuses métaphores. Cherchez lesquelles à l’aide d’un dictionnaire: l’arbre, le tronc, la souche, la branche / l’embranchement / le branchement / branché, les racines / enraciné / déraciné. Par quelles métaphores sont représentées les âges de la vie.

1. Que représente la fleur de l’âge?

2. Une fleur s’épanuit, une civilisation le peut-elle? Une personne? Qu’est-ce que cela signifie?

3. Si un fruit est mûr, à quel moment un homme l’est-il? Y-a-t-il des évènements qui vous ont fait mûrir?

4. Qu’est-ce qui peut se flétrir, se faner, s’étioler, végéter? un visage, la peau, la beauté d’une femme, un enfant, une personne sans resources?

5. Au commencement de toute plante, il y a la graine, que veut-on dire quand on appelle des enfants mauvaise graine?

6. Une bonne ou une mauvaise idée peut-elle germer dans votre esprit?

7. Au bout de l’épanouissement de la fleur, il y a le fruit. Peut-on recueillir le fruit de son travail? de ses réflexions? de ses erreurs? dans quelles situations?

8. Faire fructifier ses arbres, c’est bien; est-il possible de faire fructifier son argent? une opération bancaire peut-elle être fructueuse?

9. Quand vous avez des pépins, vous trouvez que la vie est une jungle! Expliquez…

10. Et pour finir, n’oubliez pas que vous récolterez ce que vous aurez semé!


18. Expliquez l’évolution sémantique des mots en italique (changement ou développement de sens, restriction ou extension de sens, affaiblissement, péjoration ou amélioration du sens, métaphore ou métonymie):

I. 1. Le ministre consulta le président tribunal (Maupassant). 2. Marguerite s’était remise à tailler son crayon, dont la mine cassait toujours (Zola). 3. Quand le médecin de la mairie aura constaté le décès que nous irons déclarer, on le coudra dans un linceul, et on l’enterrera (Balzac). 4. Elle rangeait son linge dans les armoires et lui apprenait à surveiller le boucher quand il apportait la viande (Flaubert). 5. Il faut trop de temps pour écrire ! Et puis, je ne suis pas Balzac, moi ... Le conte fragile que j’édifie s’émiette quand le fournisseur sonne, quand le bottier présente sa facture, quand l’avoué téléphone, et l’avocat, quand agent théâtral me mande à son bureau pour « un cachet en ville... » (Colette). 6. Les piétons se faisaient rares comme les autos (Triolet). 7. Le train partait. Ils sautèrent dans leur voiture (Maupassant). 8. Ce soir, je n’aurai pas sommeil, et le charme du livre ne me détournera pas de moi (Colette). 9. J’accuse Pétain et sa bande d’avoir décidé et réalisé la capitulation, à l’insu du peuple et de l’armée (Bloch). 10. C’était lui qui faisait à la ville les commissions du pays. Il allait dans les boutiques, rapportait des rouleaux de cuir au cordonnier, de la feraille au maréchal (Flaubert). 11. Mais l’apothicaire certifia qu’il le guérirait lui-même, avec une pommade antiphlogistique de sa composition (Flaubert). 12. La chèvre blanche, à moitié soûle, se vautrait là-dedans les jambes en l’air et roulait le long des talus, pêle-mêle avec les feuilles tombées et les châtaignes ... (Daudet). 13. Et les chemises sur les poitrines bombaient comme des cuirasses ! (Flaubert). 14. De cette tragédie, par exemple, il blâmait les idées, mais il admirait le style (Flaubert). 15. Et l’on chiffrait déjà les gains de la saison (Zola). 16. Ma mère souffrait beaucoup de la gêne où nous vivons (Maupassant). 17. Il eut un geste de colère et d’ennui (Flaubert).

II. 1. C’était presque aussi charmant que le cabri d’Esmeralda, – tu te rappelles, Gringoire ? – et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l’écuelle. Un amour de petite chèvre (Daudet). 2. C’était toute une vision de l’ancien Paris mouillé, dont elle grelottait, avec un étonnement navré de trouver la grande ville si glaciale et si laide (Zola). 3. Michel l’embrassait sur la bouche (Triolet). 4. On disait dans le livre: « Les serpents boas avalent leur proie tout entière, sans mâcher » (Saint-Exupéry). 5. Dans ces vastes salles gothiques, les costumes, les gestes, les voix charmaient les sens, étonnaient l’esprit, ravissaient le cœur (France).

^ 19. Quelle particularité relevez-vous dans l’évolution sémantique des mots de la même famille: meurtre, meurtrier et meurtrier, meurtrissure; rustique et rustre, rusticité ?

20. Expliquez les causes de l’évolution du sens des verbes suivants:

comprendre, entendre, goûter, penser, rêver, savoir, sentir.

^ 21. Expliquez les causes de l’évolution de sens des mots italiqués. Précisez le sens de ces mots dans les phrases qui suivent:

1) Il était fier de sa guerre, fier de la Résistence. (Lanoux) 2) Il était un grand patriote. (Vercors) 3) Ils partiront pour le premier maquis. (Sanitas) 4) Daconsta se sentit obligé de faire la grève par solidarité. (Vercors) 5) Il ne chôme pas, il est à couvert de la misère. (Stil) 6) C’est surtout des usines que je parle, comment ça se prépare. (Stil) 7) Qu’est-ce qu’un collaborateur ? La plupart des collaborateurs, c’est un fait, se sont recrutés parmi les bourgeois. (Sartre) 8) Elle [excursion] termina par un séjour à Saïda, au pied des hauts plateaux, et par une petite intrigue entre le sous-officier Georges Duroy et une ouvrière espagnole employée à la manufacture d’alfa de Aïn-el-Hadjar. (Maupassant)

^ 22. Spécifiez les cas d’affaiblissement de sens des mots mis en italique. Indiquez leurs significations dans les phrases qui suivent et leur sens étymologique.

1) La lampe à l’huile qui brûlait à doux dans sa suspension éclairait l’officier de police. (Lanoux) 2) C’est ce qui m’a conduit, peu à peu, à laisser mon sourire au vestiaire et à prendre pour le petit déjeuner ma tête de tous les jours, qui décidément, doit être assez sinistre. (Daninos) 3) Pour le cocher de M. Larroque, Thérèse d’instinct retrouvait ce sourire qui faisait dire aux gens: « On ne se demande pas si elle est jolie ou laide, on subit son charme... ». (Mauriac) 4) Quand il rapporta le billet, elle lui dit de garder la monnaie. (Mauriac) 5) Elle le pria d’aller prendre sa place au guichet, car elle craignait de traverser la salle d’attente où deux métayères assises, un panier sur les genoux et branlant la tête, tricotaient. (Mauriac) 6) Maintenant, dans le salon d’Argeluse, madame de la Trave n’est plus sensible qu’à la gêne que chacun éprouve; elle observe les yeux de pie du fils Deguilhem fixés sur Bernard. (Mauriac) 7) Nous avons au grenier des meubles qui s’abîment, ça ne nous coûterait rien de les leur prêter... (Mauriac) 8) Dès lors, ne nous étonnons pas. (Saint-Exupéry) 9) Ainsi tu comptes pour rien la peine de ton parrain qui te gâte et qui sera furieux. (J.Renard) 10) Eh vous avez été ravi naturellement ? (Proust) 11) Vous avez dû être enchanté, surtout si c’était la première fois que vous l’entendiez. (Proust) 12) Oh ! tu peux durcir ton vert de prunelle, ton vert-de-gris de poison de regard. Moi, je ne baisserai pas les yeux. (Bazin) 13) Je vous interdis de communiquer avec lui tant que dura cette quarantaine. (Bazin) 14) Au régiment, où il devint sergent, il se lia avec un autre sergent, Levier, dont le père était contremaître dans un atelier de mécanique générale. (Montherland) 15) Cette inspection gênait fort M. Octave. (Montherland) 16) Elle était assise sur un fauteuil au bureau, dans une petite pièce, dont les murs se trouvaient entièrement cachés par les livres bien rangés sur des planches de bois noir. (Maupassant) 17) Oui, mon capitaine, dit Robert. J’ai vu le terrain. (Lanoux)

^ 23. Relevez les mots qui ont subi l’amélioration ou la péjoration de sens et précisez leur sens étymologique.

1) Cécile doit réussir son examen de philosophie en octobre. (Sagan) 2) Il insista pour que d’aucune parole, d’aucun geste, elle ne compromît un succès si rapide si inespéré. (Mauriac) 3) Il fallait, en tout cas, en courir la chance. (Mauriac) 4) Paysanne, terrienne, elle se méfiait du négoce, et de ces fragiles fortunes sans cesse menacées. (Mauriac) 5) Marché d’esclaves, disent les gars, c’est bien vrai. (Stil) 6) Le valet annonça: « Madame de Marelle ». (Maupassant) 7) Bougre ! Comment, la guerre déclarée, battras-tu les Prussiens, sans savoir leur langue vivante. (J.Renard) 8) Mais les bourgeois semblent avoir besoin d’un nombre de pièces inutiles proportionnel à celui des hectares sur lesquels s’étend la domination de leurs redevances et de leurs chasses. (Bazin) 9) Je ne le méprisais pas d’être une sorte de rustre agressif et c’était plutôt ma longue silhouette de fils à papa qui me faisait honte. (Simenon)

^ II. 3. Les homonymes, Les paronymes


Souvent le même signifiant désigne des signifiés qui n’ont aucune relation de sens: grève – plage sablonneuse, grève – cessation collective du travail dirigée par les salariés. Dans ce cas il s’agit de l’homonymie. Les homonymes sont des mots ayant la même forme phonique et se distinguant par le sens. Il est difficile de définir les critères permettant d’identifier un mot polysémique et un homonyme. Le principe général est que les homonymes sont des mots qui n’ont aucun rapport sémantique entre eux, tandis que les acceptions d’un mot polysémique sont en intersection sémantique.(16) D’ici, les homonymes forment un champ lexical et pas du tout sémantique. Mais dans la pratique il est difficile de dégager des critères rigoureux. Les mots polysémiques deviennent homonymes avec le temps et, au contraire, les homonymes se polysémisent:


polysémie Rayon(anc) – rayon de miel


Rayon – étagère de bibliothèque


homonymie Rayon – affaire d’un domaine


Les homonymes sont de deux types: les homophones et les homographes. ^ Les homophones sont les mots à la même prononciation mais à l’orthographe différente: air – ère; seau – sot – saut – sceau. Les homographes sont les mots à la même orthographe et à la même prononciation: avocat – avocat; cousin – cousin.

On peut classer les homonymes en:

  • lexicaux. Ils coïncident quant à leur forme phonique et grammaticale. Ces mots font partie de la même classe grammaticale: porc – port – pore.

  • grammaticaux. Ces homonymes ont des cathégories grammaticales différentes: bon (adj.) – bond (verbe); boucher (vt) – boucher (m). L’existance des derniers exemples est temporaire. Dès qu’on change la forme l’homonymie disparaît. Cette homonymie par accident phonétique présente moins d’intérêt linguistique.

L’apparition des homonymes est le résultat de différents phénomènes linguistiques parvenus au cours de l’évolution de la langue. Les sources principales de l’homonymie sont:

  • l’évolution phonétique des mots primitivement à des formes différentes: pain (panis) – pin (pinus) – peint (pinctum). Ch. Bally les nomme des homonymes étymologiques. (27)

  • l’emprunt s’adapte à la prononciation de la langue – cible: blouse (lat.) – blouse (angl.); botte (ital.) – botte (néerl.).

  • la dérivation: boucher – bouchée.

  • la rupture des liens sémantiques au cours de l’évolution entre les mots polysémiques: argent – argent, grève – grève.

Un autre groupe lexical est formé de paronymes – mots proches par la sonorité ou la graphie. Selon Ch. Bally ce sont des «pse­udohomonymes». (25) Du point de vue formel il y a des paronymes à un même radical et à radicaux différents. Les premiers ont des sens proches: oisif – oiseux; méritant – méritoire. Il serait possible de les remplacer dans des contextes semblables. Mais dans la plupart des cas les paronymes n’ont pas de liens sémantiques, leur coïncidance phonique étant tout à fait fortuite (7): acception – acceptation; recouvrir – recouvrer; prodige – prodigue. D’habitude on emploie les paronymes quand on ne connaît pas bien le sens des mots ce qui provoque des méprises de sens. Les écrivains utilisent la paronymie pour obtenir des effets stylistiques. Ce procédé porte le nom de paronomase: « le maire marie le premier couple» (Bazin).

QUESTIONNAIRE

1. Donnez la définition de l’homonymie. 2. Quels sont les types essentiels des homonymes ? 3. Quelles sources de l’homonymie existe-il dans le français ? 4. Quelle est la cause de l’apparition des paronymes ? 5. Qu’est-ce que c’est que la paronomase ?




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